Après la naissance, le périnée ne retrouve pas immédiatement son fonctionnement habituel. Il a été sollicité pendant toute la grossesse et, en cas d’accouchement par voie basse, fortement étiré pour permettre le passage du bébé. Une déchirure, une épisiotomie ou un accouchement instrumental peuvent également rendre les suites plus sensibles.
Cette récupération varie beaucoup d’une femme à l’autre. Elle dépend du déroulement de l’accouchement, de l’état des tissus, mais aussi des symptômes ressentis dans les premières semaines. L’essentiel est de laisser le temps à la cicatrisation, sans banaliser une douleur ou une gêne qui persiste.
Pourquoi le périnée est-il fragilisé après l’accouchement ?
Le périnée est un ensemble de muscles et de tissus situé à la base du bassin. Il participe au soutien de la vessie, de l’utérus et du rectum, mais aussi à la continence et au confort intime.
Pendant la grossesse, il supporte progressivement le poids de l’utérus et du bébé. Lors d’un accouchement par voie basse, ses tissus se distendent davantage. Ils peuvent être simplement étirés, mais aussi présenter un œdème, des ecchymoses, une déchirure ou une incision liée à une épisiotomie.
Un accouchement par césarienne ne met pas totalement le périnée à l’abri. Même sans passage du bébé par les voies naturelles, le plancher pelvien a été sollicité pendant les neuf mois de grossesse. Sa récupération mérite donc d’être évaluée quel que soit le mode d’accouchement.
Quels symptômes peuvent apparaître dans les premières semaines ?
Dans les jours qui suivent une naissance, il est fréquent de ressentir une peau sensible au toucher ou une lourdeur au niveau du périnée. En cas d’épisiotomie ou de déchirure, la position assise, la marche et certains mouvements peuvent être inconfortables.
D’autres manifestations peuvent également apparaître :
- Une douleur ou une sensation de tiraillement ;
- Un gonflement local ;
- Des brûlures au passage de l’urine ;
- Des fuites urinaires en toussant, en riant ou en portant une charge ;
- Une sensation de pesanteur pelvienne ;
- Une diminution des sensations ou une gêne lors de la reprise des rapports.
Ces symptômes ne signifient pas nécessairement qu’une complication est présente. Ils doivent néanmoins s’atténuer progressivement. Une gêne qui s’aggrave, qui empêche les activités quotidiennes ou qui ne s’améliore pas mérite un avis médical.
Les premiers jours, priorité à la cicatrisation
Lorsqu’une épisiotomie ou une déchirure a été suturée, les soins indiqués par l’équipe de la maternité doivent être poursuivis à domicile. Une toilette externe douce et un séchage soigneux, sans frotter, contribuent à maintenir la zone propre. Les protections hygiéniques doivent également être changées régulièrement.
Tant que la plaie n’est pas refermée, il est préférable de ne pas appliquer spontanément d’huile, de crème ou de produit parfumé sur la cicatrice. Seuls les soins recommandés par la sage-femme ou le médecin doivent être utilisés.
Dans les premières semaines, il est également conseillé de limiter les charges lourdes et les efforts qui augmentent fortement la pression sur le plancher pelvien. Il ne s’agit évidemment pas de ne plus prendre son bébé dans les bras, mais d’éviter autant que possible le port prolongé et de se faire aider pour les autres tâches physiques.
Quels signes doivent conduire à consulter rapidement ?
Une douleur modérée peut être présente après l’accouchement, en particulier lorsqu’il existe une cicatrice. Elle doit toutefois évoluer vers une amélioration.
Il est recommandé de contacter rapidement une sage-femme, un gnécologue, un médecin ou la maternité en présence :
- D’une douleur qui augmente au lieu de diminuer ;
- D’un gonflement important ou qui s’aggrave ;
- D’une rougeur marquée autour de la cicatrice ;
- D’un écoulement inhabituel, purulent ou malodorant ;
- D’une plaie qui semble s’ouvrir ;
- De fièvre ou d’une sensation de malaise général ;
- De difficultés importantes à uriner ;
- De fuites de selles ou de gaz apparues après l’accouchement.
Ces manifestations peuvent notamment révéler une infection, une mauvaise cicatrisation ou une atteinte périnéale nécessitant une prise en charge spécifique.
Le bilan postnatal permet d’évaluer la récupération du périnée
Un suivi par une sage-femme peut être organisé dès le retour à domicile. Il permet de contrôler la récupération de la mère, d’examiner une éventuelle cicatrice et de répondre aux premières questions.
La consultation médicale postnatale a ensuite lieu entre la quatrième et la huitième semaine après l’accouchement. Elle peut être réalisée par un médecin ou une sage-femme. L’état du périnée, les éventuelles fuites urinaires, les douleurs, la sensation de pesanteur et la reprise des activités peuvent être abordés à cette occasion.
En France, des séances de rééducation périnéale sont prescrites. Elles sont prises en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, dans la limite des tarifs de base. Ces séances peuvent être effectuées chez la sage-femme, le gynécologue ou le kinésithérapeute.
Dans certains pays, la rééducation périnéale n’est pas proposée ou n’existe pas (comme au Japon).
Cette rééducation périnéale est importante afin de prévenir les fuites urinaires et l’incontinence qui pourront survenir avec l’âge (vers 55 ans, selon les femmes).
La rééducation périnéale ne consiste pas seulement à contracter
La rééducation n’est pas identique pour toutes les femmes. Certaines ont principalement besoin de renforcer un périnée affaibli. D’autres doivent apprendre à mieux le relâcher, notamment en présence de tensions, de douleurs ou d’une contraction excessive des muscles.
La première séance comprend donc un bilan destiné à évaluer la tonicité, la coordination et le fonctionnement du plancher pelvien. Le programme peut ensuite associer des exercices de contraction et de relâchement, un travail respiratoire, des mouvements fonctionnels ou du biofeedback.
Les exercices effectués à domicile doivent être adaptés aux besoins identifiés par la sage-femme ou le kinésithérapeute. Répéter systématiquement des contractions sans bilan préalable n’est pas toujours la réponse la plus appropriée, notamment lorsque le périnée est douloureux ou trop tendu. Les exercices du plancher pelvien peuvent améliorer la force musculaire et réduire les symptômes d’incontinence urinaire lorsqu’ils sont correctement indiqués.
Quand reprendre le sport après l’accouchement ?
Une marche douce peut généralement être reprise progressivement dans les semaines suivant la naissance, en tenant compte de la fatigue et des sensations ressenties.
Les activités plus intenses, les sauts, la course à pied et les sports sollicitant fortement les abdominaux augmentent la pression exercée sur le périnée. Leur reprise doit donc être progressive et adaptée au bilan postnatal. Lorsqu’une rééducation a été prescrite, il est recommandé de l’effectuer avant de reprendre un sport intense et de demander l’accord du professionnel de santé qui assure le suivi.
Une fuite urinaire, une pesanteur pelvienne ou une douleur pendant l’effort ne doivent pas être considérées comme une conséquence inévitable de l’accouchement. Ces symptômes indiquent que la reprise doit être réévaluée.
Quelle place pour les soins et le massage après la naissance ?
Le massage périnéal ne constitue pas un soin des premiers jours. Il ne doit pas être pratiqué sur une déchirure, une épisiotomie ou une zone qui n’est pas complètement cicatrisée.
Après guérison des tissus et avec l’accord d’une sage-femme, d’un médecin ou d’un kinésithérapeute, un travail manuel peut parfois être proposé pour améliorer la souplesse d’une cicatrice ou diminuer sa sensibilité. Il complète alors la prise en charge, sans remplacer la rééducation fonctionnelle.
Les gestes, les précautions et les objectifs de cette pratique sont détaillés dans notre article consacré au massage du périnée pendant la grossesse et après l’accouchement.
Une fois la zone entièrement cicatrisée, un soin destiné à la partie intime externe peut également accompagner le confort cutané en cas de sécheresse ou de tiraillement. Le Sérum Huile Délicate Skinhaptics est prévu pour une application externe et doit être utilisé conformément à ses conseils d’utilisation, uniquement après la cicatrisation des éventuelles déchirures ou de l’épisiotomie.
Combien de temps faut-il pour récupérer ?
Il n’existe pas de durée identique pour toutes les femmes. La partie superficielle d’une déchirure ou d’une épisiotomie cicatrise généralement en quelques semaines, mais la disparition complète des tensions, le retour des sensations et la récupération musculaire peuvent prendre davantage de temps.
Une récupération plus lente ne signifie pas nécessairement qu’une complication est présente. En revanche, il ne faut pas attendre plusieurs mois pour parler d’une douleur, de fuites urinaires ou d’une sensation de pesanteur qui affecte la vie quotidienne.
Le post-partum, période où le massage post-partum peut soutenir la récupération physique, n’est pas uniquement consacré aux besoins du nouveau-né. C’est aussi une période de récupération physique pour la mère. Prendre soin de son périnée, demander un bilan et respecter son propre rythme font pleinement partie de cette étape.
Questions fréquentes sur le périnée après accouchement
Disclaimer et auteur de l’article
Cet article est publié par Skinhaptics, marque cosmétique spécialisée dans les soins pour la peau. Les produits mentionnés sont développés par la marque.
Les contenus sont validés par Sandrine Dahan, fondatrice de Skinhaptics, biochimiste et membre de la Cosmetic Valley.
Les informations proposées ont une visée informative et ne remplacent pas un avis médical.
