On l’a tous fait, retourner un flacon, scruter la liste des ingrédients imprimée en tout petit sur l’étiquette, et reposer le produit sans avoir rien compris. La liste INCI (International Nomenclature of Cosmetic Ingredients), c’est-à-dire la nomenclature internationale standardisée des ingrédients cosmétiques, est obligatoire sur tout produit vendu en Europe depuis 1997. Elle est là, disponible, réglementée. Mais entre la savoir utile et savoir s’en servir, il y a un écart que la plupart des consommateurs n’ont jamais eu l’occasion de combler.
C’est précisément cet écart que Sandrine Dahan, biochimiste et fondatrice de Skinhaptics, a voulu réduire dès la conception de sa gamme. Rendre les formules lisibles, assumées, cohérentes avec ce qu’elles affichent, en cohérence avec les engagements cosmétiques vegan de la marque. Voici ce que cette liste révèle vraiment, et comment l’utiliser au quotidien.
La première règle : l’ordre n’est pas anodin
Les ingrédients d’une liste INCI sont classés par ordre décroissant de concentration, jusqu’à 1%. En dessous de ce seuil, les ingrédients peuvent être listés dans n’importe quel ordre. Ce seul principe change beaucoup de choses dans la lecture d’une étiquette.
Un ingrédient vedette mis en avant sur le packaging mais positionné en fin de liste est présent en quantité infime, souvent symbolique. À l’inverse, un ingrédient en troisième ou quatrième position représente une fraction significative de la formule. Quand on voit Aqua en premier, c’est normal car l’eau est la base de la grande majorité des émulsions cosmétiques. Ce qui compte vraiment, c’est ce qui suit immédiatement après.
Les noms latins des huiles végétales
Les matières premières d’origine végétale sont désignées par leur nom latin botanique. C’est souvent là que les consommateurs décrochent, alors que ces noms sont en réalité parmi les plus faciles à identifier. Helianthus annuus seed oil est l’huile de tournesol. Prunus domestica seed oil est l’huile de prune. Gossypium herbaceum seed oil est l’huile de coton. Ces trois ingrédients constituent la base de l’huile de massage Skinhaptics, riches en acides gras oméga 6 et 9 particulièrement adaptés aux peaux sensibles.
Une fois ce principe assimilé, le nom latin devient une information claire plutôt qu’un obstacle. Les bases de données en ligne comme CosDNA ou la liste de l’Union européenne permettent d’identifier n’importe quel ingrédient INCI en quelques secondes.
Ce que « fragrance » et « parfum » dissimulent
C’est l’une des zones d’ombre les plus importantes de la réglementation cosmétique actuelle. La mention Fragrance ou Parfum sur une liste INCI peut regrouper des dizaines, parfois des centaines de molécules différentes, sans que le fabricant soit tenu de les détailler. Seuls 26 allergènes identifiés doivent être mentionnés séparément lorsqu’ils dépassent un certain seuil de concentration.
Pour les peaux sensibles, les femmes enceintes et les nourrissons, cette opacité pose un problème réel. Une réaction cutanée inexpliquée à un produit contenant « parfum » en liste INCI est souvent difficile à attribuer précisément. C’est pourquoi les formules Skinhaptics ont été pensées pour ne pas perturber l’odorat de la femme enceinte ni celui du nourrisson, avec un profil olfactif volontairement discret et des compositions tracées. Un sujet que Sandrine Dahan aborde également dans son article sur les substances à risque dans les cosmétiques traditionnels.
En fin de liste INCI, nous trouvons principalement les allergènes de parfum comme : linalool, géraniol, limonène, le citronellol…
Les conservateurs sont nécessaires mais à surveiller
Tout produit cosmétique contenant de l’eau nécessite des conservateurs pour éviter la prolifération bactérienne et fongique. C’est une réalité technique incontournable et non négociable sur le plan de la sécurité microbiologique. La question n’est pas d’avoir ou non des conservateurs, mais lesquels.
Les parabènes, dont le profil endocrinien est documenté, ont été largement remplacés ces dernières années par d’autres conservateurs, pas toujours mieux évalués. Le phénoxyéthanol, très répandu, fait l’objet de recommandations de prudence pour les nourrissons de moins de trois ans depuis un avis de l’Anses en 2012. Il est de moins en moins utilisé pour les produits destinés aux bébés. L’acide benzoïque, le sorbate de potassium, le benzoate de sodium sont des alternatives considérées comme mieux tolérées, particulièrement sur les peaux sensibles et immatures.
Sur le nettoyant visage et la crème visage de Skinhaptics, le choix des conservateurs a été guidé par cette logique, assurer la sécurité microbiologique du produit sans compromettre la tolérance sur les peaux les plus fragiles.
Les tensioactifs dans les produits lavants
Dans un gel douche, un shampooing ou un nettoyant visage, les tensioactifs sont les agents qui permettent le nettoyage en émulsionnant les graisses et les impuretés. Leur potentiel irritant varie considérablement selon leur nature. Le sodium lauryl sulfate (SLS) et le sodium laureth sulfate (SLES) sont des agents moussants efficaces, mais irritants pour les peaux sensibles et délétères pour la barrière cutanée du nourrisson. On les repère facilement en liste INCI par le préfixe Sodium suivi de Lauryl ou Laureth.
Des tensioactifs doux comme le Cocamidopropyl betaine, le Sodium cocoamphoacetate ou le Decyl glucoside offrent un nettoyage efficace avec un profil de tolérance bien meilleur. Ce sont ces alternatives que l’on retrouve dans les formules Skinhaptics, cohérentes avec l’engagement clean beauty de la marque.
Lire une liste INCI en pratique
Quelques réflexes suffisent à transformer une étiquette illisible en information utile. D’abord, identifier les cinq premiers ingrédients car ils représentent l’essentiel de la formule. Ensuite, repérer les mots Parfum ou Fragrance et leur position dans la liste. Chercher les suffixes paraben et les préfixes Sodium Lauryl ou Sodium Laureth. Et enfin, vérifier si les ingrédients mis en avant sur le packaging figurent effectivement en bonne position dans la liste INCI, pas seulement en queue de formule pour justifier une allégation marketing.
L’alimentation pendant la grossesse a elle aussi un impact direct sur la peau, tout comme le choix des produits appliqués quotidiennement. Dans les deux cas, la capacité à lire et à évaluer ce que l’on consomme ou applique reste le meilleur outil dont nous disposons.
Questions fréquentes sur la liste INCI produits cosmétiques
Disclaimer et auteur de l’article
Cet article est publié par Skinhaptics, marque cosmétique spécialisée dans les soins pour la peau. Les produits mentionnés sont développés par la marque.
Les contenus sont validés par Sandrine Dahan, fondatrice de Skinhaptics, biochimiste et membre de la Cosmetic Valley.
Les informations proposées ont une visée informative et ne remplacent pas un avis médical.
