Que vous attendiez un enfant ou soyez de jeunes parents, la question de la plagiocéphalie chez le bébé, communément appelée syndrome de la tête plate, peut être une source de grande inquiétude. Nous allons nous pencher plus en détail sur ce phénomène, ses causes et origines, les conséquences qu’il engendre ainsi que les solutions qui peuvent être mises en place afin d’y remédier.

En quelques mots, la plagiocéphalie du bébé (du grec « plagios » = oblique et « kephalê » = tête) est une déformation du crâne du nourrisson qui le rend asymétrique et est due à un appui continu de l’enfant sur la même zone de la boîte crânienne au cours de ses premiers mois de vie. L’asymétrie peut être présente sur un des côtés ou sur l’arrière de la tête. Les chercheurs ont remarqué une augmentation de ce phénomène dans les pays développés depuis une petite trentaine d’années, période à partir de laquelle les pédiatres ont recommandé de faire dormir les jeunes bébés sur le dos afin de réduire les risques de mort subite du nourrisson, accrus lorsque l’enfant dort sur le ventre.

En juin 2017, la Haute Autorité de Santé (HAS) a alerté sur l’augmentation des plagiocéphalies dues à la position de couchage sur le dos recommandée pour éviter la mort subite du nourrisson.

La plagiocéphalie peut apparaître dès la naissance du fait d’un torticolis congénital ou lors de grossesse gémellaire qui engendre un espace réduit dans l’utérus pour les bébés.

A la naissance, les os du crâne du bébé sont mous et malléables et ne sont pas soudés entre eux afin de leur permettre de se chevaucher lors de l’accouchement. Lorsqu’un bébé est couché systématiquement dans la même position, ces os peuvent petit à petit prendre une forme légèrement aplatie. Dans la grande majorité des cas, la plagiocéphalie chez le bébé se résorbe de manière spontanée avant les deux ans de l’enfant.

Quelles sont les conséquences de la plagiocéphalie ?

Outre le fait qu’il est inesthétique, il est important de rappeler que le syndrome de la tête plate du bébé n’est pas dangereux pour son développement. Son cerveau est malléable et peut tout à fait s’adapter à la forme atypique de la boîte crânienne puis reprendre sa place lorsque la tête reprend une forme ronde.

Toutefois, si l’on constate chez son enfant une plagiocéphalie, une consultation chez le pédiatre va permettre de poser un diagnostic sur cette anomalie et confirmer le protocole de prise en charge à mettre en place. Le professionnel vérifiera également que les différentes plaques osseuses du crâne ne sont pas déjà soudées entre elles trop tôt. Ce phénomène appelé craniosténose est une pathologie beaucoup plus sérieuse que la plagiocéphalie du bébé, quant à elle bénigne, et nécessite une prise en charge médicale sérieuse.

Dans de nombreux CHU, les médecins alertent désormais rapidement les parents sur le risque potentiel de plagiocéphalie et les orientent vers une consultation chez les pédiatres.

Les ostéopathes vont pouvoir également diagnostiquer et intervenir de manière naturelle, sans médicaments. Une prise en charge précoce permet d’éviter le port d’un casque (orthèse orthopédique).

En 2004, des chercheurs avaient déjà publié une étude dans Pediatrics (114:970-80) : la plagiocéphalie peut apparaître très tôt et concernée 16 % des bébés à six semaines, puis 19,7 % à quatre mois (correspond au pic de plagiocéphalie). A 12 mois, elle ne concerne plus que 6,8 % des bébés pour diminuer à 3,3 % à 24 mois. La plagiocéphalie est donc transitoire dans la majorité des cas.

Les facteurs de risques les plus courant sont les bébés garçons, une naissance primipare, torticolis congénital, prise exclusive de biberon.

Comment prévenir le syndrome de la tête plate et quelles solutions afin d’y remédier ?

Suite à l’accouchement, il peut être nécessaire de consulter un kinésithérapeute ou un ostéopathe afin de traiter un éventuel torticolis congénital qui aurait pu survenir lors de la naissance de l’enfant. Un torticolis peut en effet empêcher le bébé de tourner naturellement sa tête, sa mobilité est réduite et le force par conséquence à prendre continuellement appui sur le même côté du crâne.

Alors que la position sur le dos pour le couché du bébé n’est en aucun cas à remettre en cause, il est tout à fait possible de trouver des solutions et méthodes douces afin de réduire la plagiocéphalie chez son bébé. Le premier réflexe des parents doit être de faire en sorte que la position de la tête du nourrisson varie le plus souvent possible. Lorsque l’enfant est couché sur le dos, on peut délicatement tourner sa tête pour que la zone d’appui ne soit pas toujours la même et soit alternée. Par ailleurs, pendant le sommeil, il est préférable de ne pas bloquer la mobilité spontanée du bébé avec l’utilisation de cale-bébé ou bien de couverture d’emmaillotage. D’ailleurs, l’Association nationale des centres référents pour la mort inattendue du nourrisson (ANCReMIN) préconise aux parents de ne pas acheter des accessoires marketing comme les coussins anti-tête plate ou autres éléments vendus comme bénéfiques contre la plagiocéphalie. De plus, ces objets peuvent provoquer des étouffements chez le bébé qui peut enfouir sa tête et rester bloquer du fait de la raideur musculaire.

Enfin, veillez à modifier la position du lit de l’enfant dans sa chambre afin que l’attention du bébé soit captée tour à tour dans des directions variées.

Pendant les moments d’éveil, on peut limiter l’apparition du syndrome de la tête plate du bébé en posant l’enfant sur le ventre sur un tapis de jeux (10 à 15 minutes, trois fois par jour). Dans cette position, le crâne ne subit en effet aucune pression et l’enfant fait travailler ses muscles du cou et du dos. L’utilisation de transat est peu recommandée pour de longs moment car le bébé est positionné sur un support mou qui limite ses mouvements et ne stimule pas les muscles du cou. Au moment du biberon, il est bien d’alterné le côté comme le font les mamans lors de l’allaitement.

Enfin, le portage du bébé dans un porte-bébé ou une écharpe est également une solution parfaitement adaptée dans le but de prévenir la plagiocéphalie chez le bébé. La position physiologique adoptée par le nouveau-né dans une écharpe de portage ou un porte-bébé permet en effet de garantir un soutien de qualité au contact direct de son parent qui rassure le bébé et lui donne même la possibilité de s’endormir sans appuyer sur son crâne. Le bébé est également stimulé de manière sécuritaire pour regarder, observer et bouger sa tête. L’activité motrice des muscles du cou de bébé est primordiale pour prévenir et éviter la plagiocéphalie.

Les écharpes de portage proposées dans notre boutique ont été conçues et étudiée afin de respecter le développement physiologique de l’enfant.